Si ma démarche photographique se traduisait par des tirages argentiques de grand format en noir et blanc

Selma Feriani Gallery 8 Place Sidi Hassine, 2026 Sidi Bou Saïd

Sunday 25-11-2018 11:00

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 la transition vers la photographie numérique s’est effectuée avec l’appropriation de la couleur.

Le mur vernaculaire suggère le cadre, la matière, le sens, la lumière. Le geste du peintre anonyme sur un mur de Tunis, de Tanger, de Marrakech, du Caire ou d’ailleurs, me renvoie à des réminiscences de Mark Rodhko, Nicolas De Stael, Barnet Newman, Georg Bazelitz, Cy Twombly, Juan Miro et de bien d’autres, mais je ne prétends pas m’improviser peintre.

Si l’on considère la peinture comme une méthode additive dont le geste de l’artiste consiste à informer un support neutre, ou que l’on considère la page blanche comme le point de départ de l’écriture, pour ma part, j’utilise la photographie comme une abstraction soustractive opérée à partir du réel.

Ces fragments de murs sur lesquels le regard peut glisser sans leur accorder la moindre attention, me procurent une émotion esthétique et m’offrent le plaisir de m’approprier des formes, des couleurs, des signes non-intentionnels et anonymes, qui, une fois sublimés par des tirages de grand-format prennent le sens que mon propre regard leur attribue.

Le glissement du vernaculaire ou du réel vers l’abstraction picturale est une recherche dans laquelle je réunis sur le même point de mire plusieurs faisceaux de références pour opérer un basculement de la perception, en utilisant la photographie de manière stricte et sans artifice.

Ce parti-pris esthétique rompt avec les schémas de reconnaissance propres à la photographie dont on attend généralement l’acte de décrire, de figurer, de représenter, d’illustrer ou de saisir le pittoresque.

J’entretiens ce dialogue avec des architectures dont les couches de revêtement mural se superposent les unes aux autres, de nouvelles couleurs se substituent aux teintes précédentes, les matières et les couleurs se métamorphosent en témoins du temps qui passe.

Ces photographies matérialisent, à la fois, la fugacité des choses dans un étirement du rapport au temps et l’instantanéité d’une qualité de lumière précise à un moment précis.

Mon atelier se situe dans les rues de villes que j’aime et je confie au hasard le soin de me surprendre ou de m’offrir la matière que j’attends.

La galerie Selma Feriani, présente une première étape d’un travail en cours dont l’aboutissement fera l’objet d’un livre d’art aux éditions Lalla Hadria. Cet ouvrage réunira des photographies qui seront mises en correspondance et feront écho à des extraits des carnets inédits de Abdelwahab Meddeb sur plusieurs villes du monde arabe et d’ailleurs.

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